Saint-Trojan-les-Bains - N°123 - Juillet/Août 2013

Le centre de secours transféré au Château

 

Situé en zone de solidarité après le passage de la tempête Xynthia, le centre de secours Daniel-Fayau doit déménager au Château-d’Oléron, sur décision du SDIS 17 et du Conseil général.

Ils ont affiché leur colère sur une banderole accolée à la façade : «Non à la disparition des pompiers volontaires de Saint-Trojan». Le message est clair, néanmoins il ne changera en rien la décision prise par le SDIS 17 (Service départemental d’incendie et de secours) et le Conseil général. Le centre de secours Daniel-Fayau va être transféré au Château-d’Oléron. «Il était mis sur la sellette depuis une dizaine d’années, notamment pour des questions de rationalisation de coûts. Mais Xynthia est venue précipiter les choses», explique le maire, Pascal Massicot. Dans son rapport d’observations provisoires, la Chambre régionale des comptes Aquitaine-Poitou-Charentes note que «la tempête a submergé les centres de secours d’Ars-en-Ré et Saint-Trojan. (…) Le centre de secours de Saint-Trojan doit être fusionné avec le centre de secours du Château-d’Oléron.» Dans un courrier co-signé avec le lieutenant Joël Daran, le chef de centre, et adressé à Jean-Pierre Tallieu, président du conseil d’administration du SDIS 17, le premier magistrat précise que le classement en zone de solidarité est «discutable», étant donné «qu’aucun véhicule n’a été affecté». Cependant le classement est établi et la loi ne se discute pas. «D’un point de vue réglementaire, le centre de secours se trouve en “zone de solidarité’’, ce qui, comme vous le savez, interdit au cas général tout maintien d’occupation sur le site subissant ce classement. De plus les centres de secours ne peuvent être implantés en zone inondable», lui a répondu Jean-Pierre Tallieu. Pascal Massicot affirme ne «disposer d’aucun terrain compatible sur l’ensemble de la commune» et être «dans l’impossibilité de proposer le déplacement de notre caserne». Un nouveau centre de secours, financé par le Conseil général, va donc être construit au Château-d’Oléron. Il devrait être opérationnel au premier semestre 2015. Cette caserne intégrera les 17 pompiers volontaires actuellement en exercice à Saint-Trojan. Le président du CA du SDIS 17 précise dans sa lettre que «des dispositions transitoires ont été prises sur deux ans avec un plan de sauvegarde des matériels. Elles consistent, en cas d’alerte météo, au déplacement des engins par le personnel du centre de secours vers une zone non inondable (groupe scolaire Henri-Seguin) avec l’aide du service nautique pour le matériel des plages et la mise hors d’eau du matériel informatique et de transmission par le service transmission du SDIS.» Les bâtiments du centre Daniel-Fayau seront conservés et transformés en centre départemental nautique, un lieu de formation déjà existant. «En accord avec la préfecture, le SDIS a tout de même choisi de maintenir une activité spécialisée dans le domaine nautique, et de conserver l’activité opérationnelle du centre l’été», poursuit-il. Un poste avancé, doté d’un camion-citerne et d’une ambulance, serait donc maintenu pendant la période estivale et les événements importants tels que la Fête du mimosa. Malgré tout, la nouvelle est dure à encaisser. «C’est une perte d’identité pour certains citoyens qui étaient très impliqués dans notre centre existant depuis les années 50. Il a formé plusieurs générations de sapeurs très compétents. La disparition, à terme, d’une permanence opérationnelle est préjudiciable pour nos administrés. Nous enregistrons, en moyenne, tout de même 292 interventions sur les cinq dernières années», souligne le maire. L’édile s’inquiète également d’un «risque majeur» qui n’aurait «pas été pris en compte» : la présence, à Saint-Trojan, de la plus grande forêt domaniale de l’île (2 000 hectares) et des risques d’incendies qui vont avec. Le SDIS vient justement d’implanter deux caméras en haut d’une cabine d’observatoire, situé en pleine forêt. Pour Jean-Pierre Tallieu, grâce à ce système de vidéosurveillance, «la commune bénéficiera d’une meilleure sécurité qu’actuellement et permettra une détection précoce des éventuels départs de feux». Pascal Massicot, lui, estime qu’une «unité forestière sur place est la meilleure prévention».

 

 

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