Courrier des lecteurs - N°147 - Juillet/Août 2017

Terrains de loisirs en Oléron : l’exaspération des propriétaires

De M. Daniel Pidou [Limoges], ancien propriétaire à Saint-Georges

«Je viens de recevoir le bulletin de réabonnement à votre journal que je prenais toujours beaucoup de plaisir à lire depuis 1985. Je cotisais depuis cette même année à l’Association des propriétaires de terrains de loisirs en Oléron (APTLO) dont les présidents successifs ont lutté de toutes leurs forces contre les tentatives de récupération des terrains par l’Etat ou leurs représentants locaux.

Depuis 1985, je suis propriétaire, ainsi que mon épouse, à Chaucre (Saint-Georges-d’Oléron) de 3 700 m2 de terrain vendu pour camper et depuis déclassé par les PLU successifs en “zone naturelle remarquable” (plan de sauvegarde du patrimoine oblige), situé à environ 1,5 km de la mer, voisin d’un camping et aujourd’hui invendable, même si jamais inondé. En septembre dernier, des inconnus indélicats, plus préoccupés d’empoisonner la vie des gens honnêtes que de passer des loisirs sur Oléron, ont basculé d’un camion une épave de caravane, non immatriculée et sans plaque d’usine, au milieu de mon terrain. Bien sûr, personne ne peut s’en occuper et autoriser un enlèvement de l’épave. La police municipale refuse d’entrer sur un terrain privé. La gendarmerie de Saint-Pierre ne veut pas prendre ma plainte. Je la dépose donc au commissariat de police de Limoges.

Avisé par le procureur de Rochefort, les gendarmes se déplacent enfin avec la présence d’une voisine de Chaucre, car il faut une personne me représentant pour pénétrer sur le terrain. La caravane n’étant pas identifiable, il est confirmé que le seul responsable c’est moi-même donc que je n’ai qu’à payer son enlèvement. Je trouve lamentable qu’il faille un ou deux cadavres dans l’épave pour que les “autorités” prennent des dispositions adéquates.

Donc pour mon épouse et moi, la limite est dépassée. Voici plus de dix ans que nous faisons entretenir le terrain sans y aller, que nous payons l’eau et les taxes d’enlèvement des ordures ménagères (il n’y en a plus depuis des années), l’assurance indispensable, la cotisation à l’APTLO et l’abonnement à votre journal. En plus il faut faire évacuer l’épave ! Nous cédons donc notre terrain au département de la Charente Maritime. Rassurez-vous, nous n’aurons pas de plus-value à payer car sur un prix d’achat approximatif de 33 000 € (terrains plus frais notariaux), la vente atteint 1 192 €. Désolés pour vous Journal des Propriétaires et APTLO qui avez soutenu les propriétaires de terrains de loisirs (vaches à lait des agriculteurs et des notaires, dont le nôtre était aussi un élu), nous ne nous réabonnons pas et nous ne cotisons plus à l’association.

Viendra peut-être un jour où ces gens ne seront plus floués et pourront conserver dignement leur maigre propriété pour le bonheur de leur famille.»

 

Parallèlement, Eugène Membrado, président de l’APTLO a écrit au procureur de la République un courrier qu’il nous a adressé.

«Monsieur le procureur,

Nous venons vous remercier pour votre intervention auprès de la gendarmerie de Saint-Pierre-d’Oléron, qui dans un premier temps refusa le dépôt de plainte d’un de nos adhérents, victime d’une action malveillante sur sa propriété située à Chaucre (décharge illégale d’une carcasse de caravane sur son terrain). Ce monsieur, indigné, dut se rendre au poste de gendarmerie de sa commune (Limoges) pour que sa demande soit enregistrée et prise en considération. Malheureusement, cette caravane dépourvue de plaques d’identifications est rendue non identifiable, notre adhérent fut tenu de retirer, à ses frais, cette carcasse sans recours possible.

Découragé par les contraintes subies et par les nombreux actes d’incivilité dont sont victimes, tous les ans, les propriétaires de terrains de loisirs, acquis tout à fait légalement, sur l’Ile d’Oléron, notre adhérent a préféré se séparer de son bien.

Nous profitons de ce cas concret pour vous signaler que cette situation n’est pas unique. En effet, nous subissons chaque année des incendies de caravanes, de nombreux vols par effraction, des destructions de biens, des vols de plantations d’agrément, des bris de clôtures, des décharges sur les terrains (ordures ou déchets verts). Il est vrai que pour tous ces cas, des plaintes sont déposées auprès des gendarmeries, mais nous constatons que, malheureusement, les faits se reproduisent de manière croissante tous les ans, Ces situations sont devenues insupportables, voire incompréhensibles par les propriétaires citoyens.

Par ce courrier nous avons voulu attirer votre attention sur notre situation, nous sommes des gens honnêtes, aux revenus modestes, qui souhaitent passer leurs vacances et leurs loisirs en famille. Nous ne voulons plus subir ce vandalisme qui nous atteint au plus profond de notre être.

En un mot nous voulons être considérés et protégés comme tous citoyens contribuables, résidant sur le sol français.»

 
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