Courrier des lecteurs - N°146 - Mai/Juin 2017

L’avenir du théâtre d’Ardoise

Jean-Marc Chailloleau / Monique Vidalenc

Fidèles à notre principe de publier toutes les opinions à condition que celles-ci ne contiennent pas de propos injurieux ou diffamatoires, nous publions ci-dessous une lettre de Jean-Marc Chailloleau, propriétaire du théâtre de l’Ardoise, et une lettre de Monique Vidalenc, présidente de la Société de protection des paysages de l’île d’Oléron.

Nous les assortissons toutefois de nos commentaires par des «NDLR» (note de la rédaction) quand nous estimons que les propos ne sont pas conformes à la vérité. 

 

Jean-Marc Chailloleau, propriétaire du théâtre d’Ardoise.

«En acceptant votre demande d’entretien pour évoquer les menaces de fermeture pesant sur le théâtre d’Ardoise, j’ai préalablement attiré votre attention sur l’importance que votre article pourrait avoir pour l’avenir du théâtre.  Vous êtes en effet connu par les gens de l’île pour être sympathisant de l’association de protection des paysages de l’île d’Oléron (SPPIO) présidée par Madame Vidalenc, celle-ci même qui, en 2011, a porté plainte contre le théâtre d’Ardoise auprès de la préfecture [NDLR : Faux ! Comme pour l’ensemble des associations oléronaises, nous ne faisons que relater les actions de cette association qui, il est vrai, fait parler d’elle plus que d’autres car elle gagne la plupart des procès qu’elle engage pour défendre l’environnement.] Je vous ai mis en garde contre les mensonges proférés par la présidente à l’encontre du théâtre d’Ardoise et vous ai exposé pourquoi cette dame n’avait aucune légitimité pour présider une association de protection des paysages. J’ai exprimé le souhait que vous en fassiez état dans votre article, mais je n’y ai rien lu. [NDLR : Les propos de M. Chailloleau étaient alors trop proches de la diffamation.]

Vos lecteurs, pour la plupart résidents secondaires en Oléron, sont, à n’en pas douter, des amoureux de l’île et, à ce titre, ils aiment assister aux spectacles du festival que nous organisons depuis neuf ans maintenant. Ils sont évidemment amoureux des paysages de l’île (qui ne le serait pas ?) et vigilants quant à leur protection. Quelques-uns d’entre eux sont sans doute heureux d’être adhérents de l’association de Madame Vidalenc dont l’intitulé (SPPIO) annonce fièrement la couleur.

Plusieurs fois, vous avez signalé regretter que les élus insulaires se montrent incapables d’organiser et de financer un grand événement culturel d’envergure que l’île d’Oléron mériterait bien, précisez-vous. Vous n’avez pourtant jamais parlé du festival “Les Estivases” du théâtre d’Ardoise, ni évoqué la qualité des spectacles et la renommée nationale et internationale des artistes qui viennent s’y produire. Chaque fois que vous avez parlé du théâtre d’Ardoise, c’était pour éclairer ces bien tristes ennuis administratifs, consécutifs à la plainte de Madame Vidalenc. [NDLR : Là encore c’est faux. Dans nos numéros 105, 111, 117, 123 et 141, nous avons annoncé le programme du théâtre d’Ardoise dans le calendrier des manifestations. ]

Dans votre éditorial de votre dernier n° 145, vous notez que notre festival offre une programmation “éclectique, modeste mais de qualité”. Ces trois adjectifs nous vont bien. Dommage, cependant, qu’au bout de trois points de suspension, vous reveniez à vos premières mignardises, en précisant que le festival se déroule au prix d’une petite entorse à la législation sur l’environnement … D’où tenez-vous donc ces informations?

Le théâtre d’Ardoise a-t-il été condamné ? Non ! Croyez-vous “comme l’argent content” les mensonges de Madame Vidalenc, quand elle proclame les yeux dans les yeux (comme Cahuzac...) que le festival ne possède pas les autorisations requises pour son déroulement ? [NDLR : Non, nous ne nous appuyons ni sur les dires de la SPPIO, ni sur ceux de Jean-Marc Chailloleau, mais seulement sur les  déclarations de Béatrice Abollivier, ancienne préfete, qui, suite à une inspection sur place, soulignait qu’“il y a tellement d’irrégularités que rien n’est régularisable”. De plus, si il n’y avait aucun problème, pourquoi la préfecture aurait-elle lancé une médiation pénale et demandé que les installations soient démolies ? On notera à ce propos que la préfecture a donné son autorisation pour la tenue du festival pour cet été. L’avenir reste cependant incertain avec la possibilité de tout devoir démonter en septembre.]

Mais que dit donc précisément la directive Natura 2000 (mise en place après la création du théâtre !) sur la diffusion de musique et de théâtre dans les marais ostréicoles ? Le savez-vous ? Vous vous étonnez de l’attitude des huit maires de l’île d’Oléron qui, à l’unanimité, ont co-signé une lettre à l’adresse de monsieur le préfet, lui demandant de maintenir le théâtre d’Ardoise sur son marais, non délocalisable tant, disent-ils, il participe au rayonnement de l’île et de ses activités emblématiques. Mais quelles informations et preuves avez-vous donc pour vous étonner et affirmer haut et fort que le théâtre d’Ardoise et son festival ne peuvent perdurer sur ce site ostréicole ? Soupçonneriez-vous l’ensemble des élus de malversations paysagères ? 

Je feindrais d’ignorer, dites-vous aussi dans ce numéro 145, que les directives “Natura 2000” étaient dans les tuyaux depuis 1992. Mais sur quelle planète vivez-vous, monsieur Journal des Propriétaires ? Savez-vous que je suis, en premier lieu, ostréiculteur et croyez-vous que je lise le Journal officiel tous les matins avant d’aller à la marée ? Que je sache, les dernières formations professionnelles ostréicoles ne se sont point dernièrement enrichies d’un volet d’enseignement obligatoire de déchiffrage de charabia administratif européen. Cher Journal des Propriétaires, dites à madame Vidalenc que non, nous ne sommes pas en zone Natura 2000 ! C’est Natura 2000 qui est chez nous ! Nous étions là les premiers ! Alors, nous voulons bien accueillir ces nouveaux invités mais cela doit se faire dans l’amour et le respect et pas à coup de procès comme elle semble s’en délecter ! Nous n’avons pas attendu les directives de Natura 2000 pour travailler à l’entretien et à la valorisation de ces marais depuis des générations. Ces directives et lois de protection se sont envolées d’on ne sait trop où, pour venir se poser au milieu de nos propriétés sans que les préposés ingénieurs et pilotes nous demandent notre avis, estimant sans doute que nous n’en n’avions pas (ou pis encore : pas à en avoir...). Dans un étrange français à devoir lire et relire lentement plusieurs fois, il nous est dit, dans ces forêts de papier gâché, que nous devons désormais protéger ce que nous avons nous-mêmes construit (marais, cabanes, chenaux...) et que nous nous efforçons d’entretenir jour après jour depuis des lustres. Il est dit que nous sommes, bien sûr, “gentils” mais que nous ne savons pas bien ce qui est bon pour nous et qu’il nous faudra désormais demander l’autorisation pour vivre, travailler et nous promener chez nous. 

L’association SPPIO de madame Vidalenc se nourrit de ces directives pour légitimer son “action bienfaitrice de protection procédurière”. Elle aime clamer haut et fort (avec vous, monsieur Journal des Propriétaires) à la sortie des tribunaux que, sans elle, les paysages de l’île d’Oléron ne seraient plus protégés. Au vu de la modeste qualité des derniers combats portés par la SPPIO, il serait désormais préférable pour les paysages Oléronais qu’ils s’affranchissent au plus vite de leur protectrice-présidente pour retrouver leur liberté... “Je n’ai rien contre ce festival, dit-elle, mais il ne doit pas se faire dans cette zone qui est exclusivement à vocation ostréicole.” Rappelons à madame Vidalenc que notre théâtre et notre association ont pour but de promouvoir la culture, l’ostréiculture, l’agriculture (bio de préférence), la découverte et par là même la protection et valorisation des marais ostréicoles. Rappelons que nous sommes sur une propriété ostréicole privée et que le festival, par choix de l’association, ne demande ni ne reçoit de subvention publique.

[...] [NDLR : Jean-Marc Chailloleau porte ensuite des propos diffamatoires à l’encontre de Monique Vidalenc que nous nous refusons à publier.]»

 

Monique Vidalenc, présidente de la SPPIO

«Dans votre dernier éditorial, largement consacré au théâtre d’Ardoise, vous donnez une interprétation de la position de la SPPIO dans cette affaire qui nous oblige à préciser certains points.

Nous vous rappelons que les responsables du théâtre d’Ardoise n’ont jamais demandé d’autorisations administratives. Vous n’êtes pas sans savoir que nous ne pouvons porter devant la justice administrative que des décisions administratives. Nous ne pouvions donc pas,  dans ce dossier,  saisir le tribunal administratif. Soyez assuré que nous n’aurions pas hésité à le faire si cela avait été possible. Seule la voie pénale était offerte. Vous ne pouvez ignorer que les plaintes déposées par les associations pour des atteintes à l’environnement sont fréquemment classées sans suite. Nous avons donc estimé qu’une intervention des services de l’Etat était la seule possibilité de voir cette affaire aboutir au pénal. Nous pouvons d’ailleurs préciser que si la préfecture n’était pas intervenue nous avions, alors,  la possibilité de mettre en cause son refus devant le tribunal administratif.

La procédure que nous avons retenue visait donc une recherche d’efficacité et  ne consistait certainement pas à transmettre une “patate chaude” au préfet. Nous n’avons jamais hésité à prendre des risques même lorsque certains membres de notre bureau ont été l’objet de menaces d’une gravité certaine.

Par ailleurs, les affaires que nous soulevons peuvent amener la démission de quelques membres (pour ne donner qu’un exemple, la fermeture du parc accrobranche a été regrettée par une personne dont les petits enfants aimaient cette sortie ....). Si la perte de quelques adhérents est toujours une déception pour nous, nous serions totalement paralysés si nous devions tenir compte  de cette éventualité avant d’engager une action. 

Depuis 42 ans, la SPPIO a mené bien des combats et ce dernier ne menace certainement pas la suite de son action grâce à la fidélité de la grande majorité de ses adhérents.»

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