Courrier des lecteurs - N°132 - Janvier/Février 2015

Les éoliennes font débat sur internet

Nous regroupons ici le courrier des lecteurs reçu par voie postale, sur le site du journal ou encore sur la page Facebook.

De Hélène Bourdel (Mulhouse), propriétaire à Saint-Pierre

«Je suis résolument enthousiasmée par le projet. Enfin, on passe à l’acte pour une énergie peu polluante ! Il est temps que nous rattrapions le Danemark qui a des éoliennes partout... Et je trouve que c’est très beau, ces légères marques dans le paysage, ça souligne l’infini de l’horizon marin.» 

 

De Janick Guerit (Andernos-les-Bains), propriétaire à Saint-Pierre

«Je suis scandalisé par la réaction des opposants à ce projet, ils sont sans doute aussi contre le nucléaire et les énergies fossiles mais sont-ils prêts à diminuer leur consommation d’électricité ! Je préconise d’arrêter les importations de pétrole pour leur faire changer d’avis. Je suis aussi né dans l’île d’Oléron, je serais opposé au projet s’il devait se situer à l’intérieur de l’île mais à 20 km !

Par contre, je souhaite que l’électricité produite ne coûte pas beaucoup plus cher au consommateur et que le projet soit financé par le privé et non pas par les collectivités publiques de manière à augmenter les impôts.»

 

De Franck Maillet (Segonzac), propriétaire à Saint-Denis

«La concertation sera large et inclura des associations de défense de l’environnement et des élus responsables (amoureux de leur île, notamment comme Jean-Michel Massé). La levée de boucliers sans connaître les tenants et aboutissants ne sert à rien. Mais je conseille à ceux qui donnent l’ordre de bouger et de nous “réveiller” de le faire eux-mêmes... Pourquoi toujours compter sur les autres quand on est si motivé ?»

 

De Bernard Louis-dit-Picard (Saint-Nicolas-du-Bosc), propriétaire à Dolus

«Je ne m’étendrai pas sur l’aspect esthétique de ce projet, ce point étant largement commenté. Il est évident que cette construction défigure le paysage et penser, comme certains élus, qu’on pourrait en faire un atout touristique est à mourir de rire ! J’imagine mal un afflux de touristes uniquement pour voir des bouts de ferrailles sortir de l’eau.

Je parlerai plutôt de l’aspect économique. En premier lieu, il est évident que ce projet aura un impact sur la valeur de l’immobilier de toute la côte ouest de l’île. Je demande donc que WPD

Offshore consigne 20% de la valeur des logements de chaque propriétaire pour compenser la perte à la revente. De même, on pourra consigner aussi la valeur du démantèlement. Mais surtout, ce projet (l’éolien en général) entre dans un cadre où les multinationales et les financiers, bien aidés par les pouvoirs politiques de toutes couleurs, sont autorisés à ponctionner directement le compte en banque du petit peuple. L’éolien (et toute la transition énergétique), les autoroutes bradées au privé, la mort du diesel, entre autres, tout cela

coûtera une fortune aux Français, pour des revenus à deux chiffres aux actionnaires des multinationales. Rappelons que le revenu du livret A, épargne du petit peuple, est à moins d’un chiffre.»

 

De Jean-Paul Rivière (Saint-Julien-l’Ars), propriétaire à Saint-Georges

«Comme tout citoyen moyen, ma première impression devant l’éolien serait plutôt favorable, car quoi de plus simple et naturel que du vent qui fait tourner une hélice couplée à un alternateur pour produire de l’électricité. Cependant on s’aperçoit très vite que nous assistons à des convergences d’intérêt entre différents acteurs de la vie publique et le secteur privé qui me semblent dommageables pour la société. Toute une cohorte de faiseurs d’opinion est en train de domestiquer et formater l’opinion publique pour ses propres intérêts ; en particulier en propageant un climat de peur sur l’hypothétique réchauffement climatique et sur les émissions de CO2 dont le rôle est encore loin d’être démontré. Je pense que ceux qui gouvernent le pays n’ont pas créé les conditions pour que nos concitoyens puissent se faire une opinion indépendante de la pensée dominante qui n’est pas synonyme de vérité, ce qui peut avoir, à terme, de graves conséquences. Chaque jour me confirme que la liberté de penser autrement n’a guère évolué depuis la triste période de l’Inquisition .

La première question que je me pose est : est-ce que cette frénésie de construction d’éoliennes dans notre pays répond à un réel besoin de production d’électricité supplémentaire alors que nous sommes  de  très  loin  le  premier exportateur mondial d’électricité, par ailleurs, le citoyen français est, en Europe, celui qui émet par an le moins de gaz carbonique ?

Puisque l’objectif à plus ou moins long terme est de sortir du nucléaire, il faut penser à autre chose qu’à l’éolien vu la capacité de chaque machine (environ 2 mégawatts) et l’irrégularité du vent (taux de charge moyen d’environ 25 %). Quand la France aura été couverte d’éoliennes, on l’aura défigurée et contribué à rendre nos industries encore moins compétitives, nos hommes politiques réaliseront peut-être, mais un peu tard, qu’il aurait fallu commencer par organiser en France un large et vrai débat national sur l’énergie avec les scientifiques de tous les domaines ainsi que les économistes…

L’éolien est une énergie d’appoint qui ne produit que quand il y a du vent.  Elle nécessite donc la mise en place de centrales thermiques (ou nucléaires) qui prennent le relais quand le vent ne souffle pas. Ce n’est  pas une façon efficace  d’éviter la pollution de  l’atmosphère. Il ne faut donc pas s’étonner que les  Allemands, avec environ 10 tonnes de gaz  carbonique émises par habitant et par an contre environ 6 en France, soient les plus  grands pollueurs d’Europe.

Le programme éolien industriel est lourdement subventionné avec de l’argent public (prélèvement de nature fiscale avec la contribution au service public de l’électricité) ce qui entraînera une hausse importante du tarif de l’électricité des ménages et dégradera aussi la compétitivité de l’industrie française. J’ai été très surpris de constater que la décision de fixer le prix d’achat de l’électricité d’origine éolienne à un niveau élevé a été prise malgré l’opposition déterminée et publique de la commission de régulation de l’énergie, organisme officiel chargé de veiller à  la bonne conduite  de notre politique énergétique, qui a estimé que “le tarif proposé représente un soutien  disproportionné au regard du bénéfice attendu” (Journal officiel du 27 juillet  2006).»

 

De Bernadette Bellon, propriétaires à Saint-Georges

«Native d’Oléron, revenue définitivement finir ma vie sur mon île, je suis horrifiée par un tel projet. Comment peut-on envisager une telle verrue face à la côte ouest encore très sauvage au nord de l’île ? Lors de la rénovation de mon chai, les Bâtiments de France ont multiplié les contraintes alors que j’ai pris grand soin de respecter le patrimoine. Et quand je vois dans le même village les permis de construire autorisés pour de véritables cabanes à lapins pour louer aux touristes je dois bien avouer être un peu dégoûtée !  Entre le projet McDo à Dolus et les éoliennes, que font les écolos ?  Avec mes faibles moyens lors de mes balades sur ma plage encore sauvage je ramène un sac et ramasse les déchets rapportés par la mer ou pas ! A chacun d’être responsable, nos élus en tête.  Ils devraient toujours penser que c’est l’argent du peuple qui travaille qu’ils gaspillent assez souvent.»

 

De Christine Guillemin

«Je pense que ce projet est ahurissant. On nous sermonne parfois pour des problèmes de “visuel” concernant des habitations avec des normes de construction draconiennes et contraignantes, je pense aux Bâtiments de France ; là il s’agit du visuel de la côte ouest de l’île tout entière. Ce sera une véritable verrue pour Oléron. En tant que résidente secondaire sur Saint-Trojan et native de La Cotinière, je suis scandalisée de ce projet. Que les boucliers se lèvent que diable !»

 

De Jean-Paul Mariaud (Saint-Gence), propriétaire à Saint-Georges

«Il y en a assez des gens qui sont contre le nucléaire, contre le pétrole mais aussi contre les panneaux solaires qui ne sont pas beaux et les éoliennes qui en plus font du bruit. Demain, on n’aura plus le choix et, même si cela modifie un peu le paysage, il faudra privilégier les énergies renouvelables. Que l’île d’Oléron soit en pointe sur ce point, c’est très bien.»

 

De M. Guy Lesage (Brétigny-sur-Orge), propriétaire à Grand-Village

«Je ne suis pas certain que la production d’énergie produite par les éoliennes compense l’énergie qu’il a fallu produire pour les installer, les entretenir, etc. Sans parler de l’impact visuel et écologique sur l’environnement. Ce calcul gain et énergie a-t-il été évalué ? Qui se cache derrière ce soudain engouement pour les éoliennes ? Sur certains sites, le rendement est de 20 à 25 % maximum. Que fait-on le reste du temps ? Centrales à charbon, comme en Allemagne ? Polluantes un maximum en CO2 ? Réfléchissons avant de tout engager.»

 
Commentaires des internautes
Michel Murbach - le 31/01/2015 à 15:10

Je viens de recevoir une lettre de M. Massicot tentant de justifier sa position sur le péage "en accord avec l’ensemble des élus communautaires", position pourtant, le précise-t-il, approuvée par 23 voix contre 11.
J’y ai appris que les résidents secondaires ne peuvent pas d’après la jurisprudence obtenir le passage gratuit. Il est dommage que cette même jurisprudence n’impose pas ( c’est le mot ) une réduction sur la taxe foncière, la taxe d’habitation ainsi que sur la taxe d’ordures ménagères que nous payons à 100%, même pour une fréquentation de quelques semaines pour certains d’entre nous.
Toutefois, il faut être positif et afin de rentabiliser les infrastructures à créer, je suggère aux élus du pays de Marennes d’instituer simultanément dans l’autre sens un droit de passage pour tous les résidents principaux de l’île afin qu’ils participent eux aussi à l’entretien des dégradations du pont ( que visiblement ils n’emprunteraient qu’en …charentaises ) et des marais écologiques avoisinants, avec une participation supplémentaire bénévole et volontaire de 20% à tout adhérent de société de protection de paysages locaux oléronais , si prompt à faire participer financièrement les "autres" du continent à leurs projets.
Michel , propriétaire sur l’île depuis 1987
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