Loisirs - N°121 - Mars/Avril 2013

Kôichi Kurita - Terres du Japon et d’Oléron

 

L'artiste japonais, Kôichi Kurita, a créé un nouveau lien entre l’île d’Oléron et l’archipel nippon. Invité en septembre et octobre 2012 par le musée de l’île, il a collecté des terres pour une exposition intitulée «Île à île, terre à terre»

Sa technique est simple : ramasser une poignée de terre, la sécher, la nettoyer des scories puis la disposer en carré sur une feuille blanche au sol. Les terres placées côte à côte forment ainsi une palette de couleurs aux nuances infinies. Grâce à ce dispositif minimal, l’artiste japonais révèle des couleurs qui sont bien présentes dans la nature mais que nous ne voyons pas, hormis les géologues. 

En 2005 à la biennale de Melle, un architecte restait songeur devant la première pièce réalisée par Kôichi Kurita en Poitou-Charentes : «Il faudrait que les architectes des bâtiments de France voient cette palette, car ils nous imposent toujours les mêmes couleurs de crépis, soit disant “naturelles”.» Voici des clés pour une approche sensible du paysage et de sa construction, de la terre et de son ordonnancement, comme l’a démontré le géographe Samuel Arlaud : «Ces carrés, c’est la surface de la Terre telle que les hommes l’ont aménagée. Une Terre organisée, ordonnée, à laquelle l’esprit a donné un sens. Mais il n’est pas le seul. Il est un sens parmi de multiples sens possibles. D’une certaine façon, l’œuvre de Kôichi Kurita représente le monde, le système-monde des géographes, tel qu’aucun des carrés n’apparaît plus comme isolé mais ne peut être observé qu’au regard des autres, donc en relation et en même temps en relativité par rapport aux autres pris individuellement ou dans leur ensemble.» (L’Actualité Poitou-Charentes n° 75, janvier 2007) 

Pas besoin de mode d’emploi pour voir une œuvre de Kôichi Kurita. Chacun y voit quelque chose de différent. Cette œuvre ouvre le regard et titille le mental. Ne serait-ce que nommer les couleurs… Au Japon, il a collecté plus de 20 000 terres depuis 1991, dans presque toutes les localités. En France, quelques milliers pour l’instant. Son rêve est de parvenir à réaliser la Bibliothèque de terres de France. 

Pour le musée d’Oléron, l’artiste a créé une installation de 30 terres de l’île (dans des flacons en verre) qu’il a offerte à la collectivité. Une série de courtes vidéos panoramiques retrace cette collecte de terres. Il présente aussi sa Bibliothèque de terres du Poitou-Charentes (400 terres récoltées depuis 2005). D’autre part, il a réalisé 12 photographies mettant en scène des terres du Japon en des lieux emblématiques d’Oléron, comme le phare de Chassiron, les marais salants, les vignes, le port ostréicole du Château-d’Oléron où une cabane jaune lui avait été confiée pour en faire son atelier. 

Jean-Luc Terradillos

 

Exposition au musée de l’île d’Oléron, à Saint-Pierre, jusqu’au 20 mai 2013.


 

Post-terres 

Dans le cadre de cette exposition, le musée a lancé le projet Post-terres. Où que vous soyez, vous pouvez scotcher une pincée de terre au dos d’une carte postale et l’envoyer à Post-terres, Musée de l’île d’Oléron, 9 place Gambetta, 17310 Saint-Pierre-d’Oléron. Suivi de l’opération sur http://post-terres.overblog.com

 

 

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